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Marie-Claire Blais


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© Photo : © Robert Barzel

RÉSUMÉ DE CARRIÈRE DE L'AUTEUR

Depuis son premier roman, La belle bête, qui fit sensation, Marie-Claire Blais est publiée non seulement au Québec, mais en France et dans le monde entier (y compris la Chine). Couronnée par le Prix Médicis, en 1966, pour Une saison dans la vie d'Emmanuel, elle a reçu le prix France-Québec pour l'ensemble de son oeuvre la même année, puis, en 1983, le Prix de l'Académie française pour son roman Visions d'Anna.





LIVRES DE L’AUTEUR

RÉSUMÉ DE CARRIÈRE

Romancière, dramaturge, poète, Marie-Claire Blais, née en 1939 à Québec dans un milieu modeste, doit interrompre ses étu­des à dix-sept ans pour gagner sa vie. Elle suit néanmoins quel­ques cours à la faculté des lettres de l'Université Laval et publie, à vingt ans, un premier roman qui fait grand bruit, La Belle Bête. Remarquée par le critique Edmund Wilson qui la présente au public américain, deux fois boursière de la fondation Guggenheim, elle remporte, en 1966, le prix Médicis pour Une sai­son dans la vie d'Emmanuel. Elle réside plusieurs années dans la région de Cape Cod (Massachusetts), puis en Bretagne, avant de revenir s'installer au Québec en 1975, année où l'Université York de Toronto lui décerne un doctorat honoris causa. En 1982, elle obtient le prix David pour l'ensemble de son oeuvre.
Dès son premier roman, Marie-Claire Biais, dont les personna­ges ont tantôt le relief des figures archétypales du conte et du mythe, tantôt la dimension familière des êtres anonymes côtoyés quotidiennement et à qui elle prête voix, met à nu la cruauté et le mensonge d'un monde auquel viennent se heurter des enfants précoces, adolescents blessés, marginaux de toute espèce. En tête de cette lignée d'insoumis se trouve le Jean-le-maigre d'Une saison dans la vie d'Emmanuel, «poète de sept ans», ange aux mains sales dont la lucidité éclaire un univers où la mort règne aussi indiscu­tablement que la toute-puissante grand-mère Antoinette. Pourtant l'espoir subsiste grâce à la tendresse, aux échappées vers l'imagi­naire et la poésie, à l'humour - noir lui aussi -, à quelque chose comme la promesse d'une rédemption qu'évoque le nom d'Emmanuel, le nouveau-né. Par son point de vue décentré, ses séquences surréalistes et ses images obsédantes qui tranchent sur l'arrière-plan naturaliste du récit, ce roman peut être considéré comme l'aboutissement aussi bien que la parodie et la subversion des romans québécois de la terre.
Les derniers ouvrages de Marie-Claire Blais, témoins de l'unité profonde de cette œuvre et de sa force de renouvellement, présentent un monde en attente de l'Apocalypse, attentif à capter les éclaircies de bonheur qui lui échoient comme un privilège. Le Sourd dans la ville est une allégorie de la vie où des personnages en apparence trés éloignés les uns des autres, amoureux et fragiles, compatissent dans une commune détresse. Ce monologue polyphonique, long paragraphe de deux cents pages se composant et se recomposant dans le vertige des consciences, est le roman de l'impossible évasion que représente pour Mike une Californie rêvée et inaccessible. Visions d'Anna emprunte le regard d'une adolescente pour démasquer l'oppression d'une société où le seul lieu encore habitable serait l'espace qu'illu­mine l'amour ou l'art. Avec ces récits, Marie-Claire Blais poursuit le travail sur la langue amorcé dans Les Manuscrits de Pauline Archange et Les Nuits de l'Underground, assouplit sa phrase, la casse, l'allonge, la déplie en un rythme nerveux, y inscrivant, par le jeu de la libre asso­ciation, la révolte, l'angoisse et les appétits de vivre.