Victor-Lévy Beaulieu
RÉSUMÉ DE CARRIÈRE DE L'AUTEUR
Romancier, essayiste, dramaturge, chroniqueur et éditeur, Victor-Lévy Beaulieu est un monument de la littérature québécoise. Il a arpenté le territoire et l’imaginaire de son pays, donnant toute la mesure de son talent exceptionnel.
LIVRES DE L’AUTEUR
RÉSUMÉ DE CARRIÈRE
Victor Lévy-Beaulieu
Romancier, essayiste, auteur dramatique pour la scène et la télévision, chroniqueur, éditeur, Victor-Lévy Beaulieu, né en 1945 à Saint-Paul-de-la-Croix, passe une partie de son enfance, non loin de là, à Saint-Jean-de-Dieu (Bas-du-Fleuve), avant de suivre sa famille à Montréal. Délaissant très tôt les études, il collabore à divers journaux et publie son premier roman à vingt-trois ans. Directeur littéraire aux éditions du Jour de 1969 à 1973, puis codirecteur aux éditions de L'Aurore, il fonde sa propre maison d'édition, VLB, qu'il dirige de 1976 à 1984. Parallèlement à ses activités littéraires et éditoriales, il est directeur du
Digest-Éclair (1968), cofondateur du journal littéraire
L'Illettré (1970), professeur de littérature à l'École nationale de théâtre de 1972 à 1978, et chroniqueur au journal
Le Devoir en 1984 et 1985. Aujourd'hui, il se consacre entièrement à son oeuvre écrite et télévisée.
Cette oeuvre, l'une des plus considérables de la littétarure québécoise, vertigineuse avancée dans le monde de l'écriture, du voyage et de la dérive clownesque et tragique, prend la forme d'une quête du «comment vivre» et du «comment dire». Un premier cycle de romans, regroupés sous le titre de «La Vraie Saga des
Beauchemin», met en scène les protagonistes d'un drame familial vécu sous le mode du cauchemar, alors que basculent les coordonnées spatio-temporelles et que la démesure du flot textuel passe outre les règles grammaticales et esthétiques. Comme le personnage d'Abel, alter ego de l'écrivain dont le monologue envahit les romans, Beaulieu rejette en bloc pudeur et sobriété du texte littéraire et social. L'un et l'autre sont engagés dans l'élaboration d'un édifice aux proportions gigantesques où le réel jouxte l'imaginaire, où le passé rejoint le présent, où la raison frôle la folie. Ces «Don Quichotte de la démanche» témoignent d'une passion exemplaire pour l'écriture qui pourtant ne fait que «rouvrir la blessure» de corps malades, délirants et désirants.
Le discours morcelé des personnages, soutenu par le soliloque du narrateur, reprend dans les cinq volets des
Voyageries, à la fois exploration de formes romanesques mixtes et nouveau portrait/procès de l'écriture en gestation. Il donne lieu au récit tragique de
Blanche forcée auquel succède la «lamentation» de
N'évoque plus que le désenchantement de ta ténébre, mon si pauvre Abel, mémoire au présent d'un narrateur écrivain, puis le «cantique» de
Sagamo Job J, l'homme prisonnier de la baleine. Dans
Monsieur Melville, admirable «lecture-fiction» où voisinent l'essai, le journal intime, le roman et la biographie, le narrateur suit pas à pas la démarche de l'auteur américain et s'interroge, à travers l'œuvre et l'expérience de ce dernier, sur les conditions d'émergence d'une littérature nationale.
Dans ses essais consacrés à Victor Hugo et à Kerouac, Beaulieu salue chez le premier une œuvre tentaculaire et gigantesque et dit éprouver pour le second «un mélange disharmonieux de pitié et d'admiration». Avec le recueil
Entre la sainteté et le terrorisme, on déborde de la littérature pour aborder plus directement des questions d'ordre social et politique. Le théâtre de Beaulieu, comme ses écrits polémiques, dénonce l'état latent d'une société incapable de vivre ses rêves jusqu'au bout. De livre en livre, l'écrivain poursuit son œuvre visionnaire et hallucinée, souvent objet de controverses, sa recherche de l'inscription fondatrice et d'une dimension mythique de l'écriture, traqué par le besoin éternellement inassouvi d'une poésie souveraine, «désir du mot et d'en finir avec les mots».
Source : GAUVIN, Lise et Gaston MIRON. Écrivains contemporains du Québec, Typo l'Hexagone, Montréal, 1999, p.59-60